"La balade du Pili-Pili"
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Escale en Atlantique ?

Le 14 mai 2005, 500 miles au NE de Saint Martin.

Toi qui n'a jamais navigué, tu poses souvent la même question touchante : "Et la nuit comment faites vous; vous jetez l'ancre ?" Et bien il y a un peu de cela en ce début de transat. Voilà pourquoi elle ressemble à une escale mais sans les inconvénients de la terre.

Voilà 7 jours que PP a salué les copains à St Martin pour s'élancer (se vautrer serait plus approprié) dans l'Atlantique vers les Acores. Voilà 7 jours que nous ahanons en tirant sur les écoutes pour exploiter au mieux chaque soupir du discret courant d'air qui stagne sur cette zone. Pour le moment, les éléments sont synchrones : le soleil et le timide zéphyr se couchent en même temps. Alors après la traditionnelle partie de carte, nous affalons les voiles et dormons sur une mer qui ne daigne même pas nous bercer. Si nos espoirs de cavalcade à bride abattue s'envolent, nous savons profiter de ce qui ressemble à un mouillage désert en attendant que les éléments soient favorables.

 

Le départ est donné le 6 mai à la lecture de cette carte météo et du modèle pour les jours suivants (origine US Navy). La dépression en formation sur la côte Est des US (35N 70W) devrait produire les conditions favorables. Alors GO! Pas de bol, contrairement aux extrapolations elle se comble 2 jours plus tard et nous laisse en plan.

 

Les cartes météo émises par Miami et Boston, reçues par hf-fax, sont contradictoires. Nous nous tournons vers les cieux pour lire des signes annonciateurs de vent. Serait-ce la rencontre d'un front chaud (à gauche en orange) et front froid (à droite en gris) ?

 

Bronzage progressif pour Seb qui quittait il y a 2 semaines le Québec hivernal.

 

Cedrik à la peau bien tanée profite du courant d'air présent sous le spi qui se gonflera quelques heures.

 

Tiens, voilà 1,30m de coryphène, peux tu préparer quelque chose ?

 

Nous ferons 3 excellents repas avec la chaire et les oeufs de cet animal. Non pas Seb, la coryphène !

 

Cédrik scrute les éléments à la recherche d'un signe annociateur de vent. Mais en vain.

 

Seb reste zen.

 

Le calme persite. "Y'en aura pas d'facile !" (*)

 

Au 6ème jour, la dream team se lache.

 

Tout le monde va se coucher : le vent, la mer, le soleil, le Pili Pili et son équipage. Encore une rude journée au paradis !
   

Enfin, à l'aube du 19ème jour le ciel annonce un changement de temps qui devrait nous être favorable.

 

Est, puis Est-Sud-Est, puis Sud force 4-5, il n'en falait pas plus à Pili Pili pour s'ébrouer dans les vagues entre 7 et 8 noeuds.

 

Depuis les Antilles, la température s'est abaissée de 10°C et après les quarts de nuit, les chaussettes de l'archiduc sèchent pendant son très très profond sommeil. Nous réalisons que nous sommes plus proches de St Pierre et Miquelon (650 miles) que de la métropole (1800 miles). L'idée de faire un "petit crochet" se dessine un instant.

Quel plaisir de barrer Pili Pili qui galope vent de travers à 8 noeuds sur une mer formée !

 

A l'aube du 23ème jour, moins de 200 miles restent à couvrir pour ralier Flores. Je savoure l'instant avec la complicité matinale du soleil rasant qui illumine les gerbes d'écume soulevées par l'étrave.

Si Eole, Neptune et Poseïdon se "cassent un peu le bicycle (*)", nous finirons bien par arriver aux Acores.

(*) expressions importées du Québec .

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